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Les cireurs de pompes (autoportrait ?), par La Presse de Tunisie
La même vidéo sur Dailymotion et sur Google vidéo
Ils connaissent leur métier sur le bout des doigts et de la brosse.
[...] Le métier de cireur de chaussures. Un métier modeste par le capital qu’il nécessite et les gains qu’il génère. En revanche, c’est une profession régie par des normes et, contre toute attente, s’exerce avec autorisation. Le cirage de chaussures est surtout un métier avec des hommes qui le pratiquent, vivent avec et font vivre leurs familles.
Des équipements évalués, par une estimation rapide de l’un d’eux, à 20 dinars. Les cireurs de chaussures, avec leurs chaises basses en bois, couvertes de morceaux de tissu, sont installés dans les grandes artères de Tunis. Exposés de front à la pollution, au “réchauffement climatique” et aux intempéries, ils semblent s’être acclimatés avec le beau, le chaud et le mauvais temps pour faire partie intégrante du paysage urbain.
La profession, comme toute autre, est régentée. N’est pas cireur de chaussures qui veut. L’autorisation validée et livrée par la municipalité, au prix annuel de 60 dinars, dure toute la vie et peut se transmettre de père en fils. Précieuse et rentable, elle représente le gagne-pain d’une communauté de cireurs qu’on rencontre un peu partout au gré des pas dans la ville mais également sur la place Barcelone, ainsi que sur les deux avenues de Carthage et de Paris…
Fethi, cireur de son état, livre, après les classiques doléances sur les difficultés de la vie, les petits secrets de sa profession qu’il exerce depuis 1985. Par le biais d’une autorisation héritée de feu son père et dans un emplacement au cœur de l’avenue de Paris. Entouré d’administrations et de banques, Fethi, avec son instrument garni de tubes et de carrés colorés, d’éponges et de brosses, convoite les fonctionnaires qui représentent le plus gros de sa clientèle. Il est aligné avec ses confrères en file indienne sous l’ombrage naturel d’un arbre ou artificiel d’un parasol.
Ainsi, voués entièrement à leurs bonnes fortunes respectives [...], les cireurs défient toutes les lois de la concurrence, ils ne hèlent pas les clients et ne font rien pour les attirer. Cohabitant en bonne intelligence les uns derrière les autres. Confiants et patients, ils attendent que les clients potentiels passent et décident à un moment décisif de s’arrêter, nous révèle dans le même esprit également Mohamed Abdelaziz, cireur depuis 1968. Un peu blasé, il nous parle de la profession qu’il a toujours exercée, il n’en connaît pas d’autres.
[...]
Hella LAHBIB
La Presse de Tunisie du 10 octobre 2007
Vidéo Publiée sur le forum Taht Essour de Nawaat.org
Astrubal, le samedi 13 octobre 2007
http://astrubal.nawaat.org